Les actualités du musée Pierre-Noël

 

 Morceaux choisis - Pierre Didier - Du 9 juillet au 18 septembre 2022

Cette exposition, qui reviendra sur l'ensemble de la carrière artistique du peintre déodatien, présentera de nombreuses œuvres inédites, et notamment les dernières toiles de Pierre Didier, encore jamais exposées.

 

Pierre DIDIER

 

 

Né en 1929 à Cambrai, Pierre DIDIER est cependant homme de l’Est. Depuis toujours, il travaille, l’œil sur les crêtes vosgiennes. Ville d’histoire, dont l’incendie de 1944 l’a marqué, Saint-Dié-des-Vosges est son berceau familial, son atelier, son lieu de repos, de pensée, et de création. Sa fidélité ? Un besoin !

Pour créer, le peintre a besoin d’ancrer profondément ses racines dans l’humus naturel de son pays, cet humus remué, travaillé, enrichi sans cesse… À l’image du paysan qui, pour assurer la récolte, doit s’unir à sa terre, la préparer avec respect, l’ensemencer… en silence. L’aventure commença dans une toile patriotique, peinte à l’âge de treize ans, qui détourna l’artiste naissant des fourneaux de l’école hôtelière à laquelle il était promis. Une révélation ! Chacun sut, alors, qu’il serait toujours et tout entier tendu vers un seul objectif : vivre par et pour la peinture.

Il venait d’entrer… en sacerdoce ! « Nul n’est jamais peintre… dit un jour Picasso au jeune Pierre ébloui par la rencontre. Chacun tente seulement, sa vie durant, de le devenir ! ». Il n’oubliera jamais. Au flanc de sa colline déodatienne, soixante-dix ans après, il travaille toujours en pensant au témoin de Guernica.

Quand Paris l’accueillit, c’est le Louvre qui devint son chez lui : Beaugin, le vieux français, Van der Goes le Flamand, Vermeer de Delft… Les primitifs italiens lui firent aussi mille et une bonnes confidences. Quant aux contemporains, Ernst, Braque, Magritte, il en fréquenta sans relâche les œuvres, aux côtés de son copain Bernard Buffet, avec la perspective de réussir un jour la miraculeuse transmutation du réel existant en création absolue. Paul Colin et Fernand Léger dont il partagea les ateliers et la passion pour l’objet-sujet, reconnurent très vite en lui un beau maître naissant. La voie s’ouvrait alors, de Saint-Dié-des-Vosges à Anvers en passant par Zürich, Londres, les galeries du Japon, de Paris et d’ailleurs, vers la plénitude du peintre promise autrefois par Picasso à celui dont le rêve commençait à prendre forme.

Aujourd’hui, travailleur solitaire et discret, Pierre Didier poursuit inlassablement une œuvre humaniste unanimement reconnue dans le monde !

 

Gilles Laporte

Sociétaire des Gens de Lettres de France

 

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